Amapp du Gâtinais

Réunion du 14/12/2008, à Mocquepoix

mercredi 28 janvier 2009 par Guylaine

À propos des paniers de légumes...

Réunion du dimanche 14 décembre à Mocquepoix

Présents :
Florence Maruzzi Amap Echoterre, Stéphane Néau Amap Echoterre (Maraîcher), Thierry Maigre Amap Terres de Loire, Françoise Bégout Amap Terre en Vie, Jean-Pierre Masson Amap Terre en Vie, Martine Pennetier Amap des Bouchures, Jacques Dyonet Bio en Brenne, Ghislaine Plot, Bio en Brenne, Adeline Bodard Amapp des 4 Saisons (maraîcher), Jean Lales Amapp du Gâtinais (maraîcher), Joël Lales Amapp du Gâtinais (maraîcher), Bernard Lafitte Amapp Loire et Canal, Catherine Chenivesse Amap du Berry.

1 – Présentation de chaque Amap à travers la grille

cf annexe

2 – La parole aux maraîchers

Famille Lales (Joël et son fils Jean)

Installation depuis dix ans (1997) et, dès le départ en bio. Seulement depuis quatre ans en Amap.
3 hectares de cultures en pleine saison.
Aujourd’hui fournissent 130 à 150 paniers par semaines. Peuvent aller jusqu’à 200 paniers.
Vente : pas d’autre circuit de distribution que les amaps à l’exception d’un peu de vente à la ferme le samedi matin, lors de la distribution de l’amap de Prunoy qui a lieu sur l’exploitation. Avant l’amap, vente en Biocoop , et en 1/2 gros.
Pour fixer les prix du panier de légumes, ils se sont aidés (avec les autres maraîchers de l’amapp du G) d’une mercuriale qui fournit les moyennes des prix de vente directe des légumes bio dans la région centre. Mais les moyennes nétant que les moyennes, ils ont adaptés ces prix en observant les prix pratiqués sur les marchés. Il y a une réelle démarche pour calculer le coût de revient afin que le prix des légumes se fixe sur ce critère et non sur le cours du marché.

Jean (le fils) à fait un BTS en horticulture pour s’installer comme maraîcher. La nécessité, pour recevoir des aides à l’installation, de faire un stage de 6 mois dans une autre exploitation maraîchère, a jusqu’à présent été un frein. Cette obligation va peut être changée. En attendant Jean a le statut d’aide familial.

Adeline Bodard

Adeline a fait un BTS en Agriculture, puis est devenue maraîchère après un stage de 6 mois chez Vincent Touzeau (un des maraîchers de l’amap d’Olivet).
Installation depuis mai 2008 et présidente de l’Amap des 4 Saisons. Elle a implanté ses parcelles de maraîchage en bio sur l’exploitation de son père, céréalier et éleveur conventionnel. En conversion jusqu’à novembre 2010 (2 hectares).
Participe à trois amaps : Melleroy, Sens, Prunoy
40 paniers par semaines avec deux tarifs pour un petit et un grand panier. Perspective de produire 60 paniers.
Sa restriction est qu’elle doit s’occuper de la préparation, du conditionnement et de la gestion des contrats car elle n’est pas encore aidée par un tuteur.
L’association Vox Populi (un cinéma associatif basé à Château Renard), un groupe de consomm’acteurs, faisant tout d’abord partie de l’amapp du Gâtinais a rejoint son amap dès la création.

Elle possède aussi des poules pondeuses et a le projet d’installer, peut être un élevage pour une distribution des œufs à l’amap.
Pour le surplus, elle fait de la vente directe 3 fois par semaines.
Information importante : Adeline livre deux restaurants scolaires à Melleroy, soit 65 repas.

Pour l’Amap du berry
Catherine Chenivesse explique que le maraîcher de son amap fait trois marchés à Châteauroux. Le maraîcher livre les paniers sur son stand lors des marchés. Pendant les trois mois d’hiver, il n’y a pas de paniers. La distribution commence en mars.

Stéphane Néau,
Maraîcher depuis onze ans en bio livre 62 paniers par semaine (avec la volonté d’atteindre 70 paniers). Cela fait un peu plus de deux ans qu’il est en Amap.
Il possède 2 hectares , dont 4000 m2 sous abri.
Situé à 12km au sud de Blois. Il fait aussi de la vente sur un périmètre de 15km en Biocoop,(mais les volumes livrés diminue au profit de ceux réservés à l’amap) sur un marché de Blois et dans trois fermes.
Tentatives auprès des cantines sans succès pour l’instant. Pour les surplus, il donne des courges comme avance sur les paniers d’hivers.

(Discussion spontanée :
Vivre de son activité de maraîcher d’une amap et les difficultés spécifiques
Pour Joël, il ne vit pas de son exploitation pour l’instant. Il a fait le choix de réinvestir le peu d’excédent dans du matériel divers (arrosage, etc). Pour se dégager un revenu il lui faudrait fournir 200 paniers.
Il pratique beaucoup le paillage (qui diminue la nécessité du désherbage entre autres) sur les cultures longues (le chou monopolise du terrain pendant 7-8 mois, de la plantation à la récolte). Cela demande un investissement dans du matériel mais pour limiter les besoins en main-d’œuvre mais améliore la rentabilité.

Pour Stéphane, il n’y a que 5-6 légumes de plein champs qui rapportent réellement au maraîcher..
Or la difficulté réside aussi dans le besoin en diversité des paniers de légume dans une amap. D’ailleurs les consommateurs des amaps rêvent souvent de petites structures pratiquant beaucoup de diversité.

Une solution serait que plusieurs maraîchers fournissent des amaps en se répartissant chacun la culture de plein champs de certains légumes rentables pour eux. Il s’agit d’un compromis qui est mis en place dans une des amaps d’Orléans.

Pour Joël, tout dépend aussi de la priorité que le maraîcher donne à la distribution en Amap :
- Le passage à la production d’une plus grande diversité de légumes peut être progressif (notamment parce qu’il y a une compréhension des consommateurs quant aux tâtonnements des producteurs)

- Il faut sortir du schéma économique classique pour calculer le prix de vente. Ne pas se contenter de regarder le prix de vente fournis par les mercuriales. Par exemple, les pommes de terre primeur sont vendues plus cher sur le marché. Mais si leur culture n’est pas plus élevée que celle de pommes de terre classique pourquoi appliquer cette hausse de prix dans le panier de l’amap ?

- C’est un autre métier car le maraîcher est aussi un commerçant (au sens noble du terme) et pas seulement un producteur. Pendant la distribution il faut créer un lien et expliquer le métier.

- Une autre appréhension de la qualité. Celle-ci est souvent difficile à évaluer. Notamment quand il y a plusieurs maraîchers. Ce qui paraît bien à certains (un calibre, une estimation de la maturité…) ne sont pas toujours acceptables pour d’autres. Ce n’est pas parce que les consommateurs des amaps acceptent facilement les hors-normes, que l’on doit leur fournir des légumes qui seraient totalement invendables sur un autre circuit. Le reflexion des maraîchers sur la qualité est constante.

Pour Adeline :

Du fait de son arrivée récente en Amap, elle n’a pas assez de recul pour évaluer l’amélioration de son revenu. Parce contre elle apprécie d’ores et déjà l’avance de Trésorerie que l’amap lui procure.
En revanche, les difficultés de l’engagement et d’apporter de la diversité, de maîtriser la production et le temps de travail. Du coup, est-ce que la qualité en pâtit par rapport au temps de travail nécessaire ?

Pour Orléans,
Il semble que l’amap apporterait un revenu régulier à Michel
Une nouvelle question se pose autour de la table en ce qui concerne l’adhésion du réseau à des organismes.

En fin de matinée

Tout au long de la matinée, tout au long des discussions, il a été noté des thèmes récurrents que nous avons listé, afin de :
- choisir les discussions de cet après-midi à propos des légumes (Il est évident qu’une journée de réunion ne peut suffire à les traiter toutes)
- Déterminer les thèmes des futures réunions.

Les sujets évoqués :
A propos des légumes
- Fixation des prix
- Planification du contenu des paniers
- gestion de la période creuse
- Evaluation du rapport consommateurs/maraîcher (remontée d’informations...)

Autres :
- Amap et restauration collective (cantine scolaire notamment)
- Amap et politique (quel poid, quelle image l’amap et le réseau peuvent avoir sur le territoire et ses collectivités)
- Au delà du réseau : un fédération nationale ?
- Amap… et incitation à la conversion en Bio
- Amap et achat de foncier
- 

3-) Grande discussion de l’après midi : Gérer la période creuse (et les absences autorisées)

A l’amapp du Gâtinais, lors de la période creuse (février-mars à mai, lorsque les réserves de légumes d’hiver sont finies mais que pas encore de légumes de printemps), les paniers des maraîchers sont complétés par des légumes bio (d’origine France) venant de Rungis.

Vive réaction, autour de la table, pour dire que ce n’est pas dans l’esprit de l’Amap de faire venir des produits de Rungis.

Réponse de l’amapp du Gâtinais : depuis 4 ans d’existence on a testé tous les modes de gestion de cette période creuse : arrêt total des paniers légumes, minuscules paniers, paniers complétés à Rungis. Cette dernière solution rendait service aux consommateurs (qui bénéficient ainsi pour des produits bio de l’assurance de leur origine et d’un prix de gros. En effet quand ils n’ont pas de légumes de l’amap, ils se tournent vers des revendeurs puisque les autres producteurs locaux, même conventionnels, n’ont rien d’autres que les légumes de Rungis à leur proposer). Point important : cette période creuse des légumes se répercutait sur les contrats des autres producteurs qui en pâtissaient. Le recours à Rungis est pour l’instant la meilleure solution trouvée pour l’amap du G.

Par ailleurs, dès le premier été, suite à l’observation de la chute des paniers de légumes pris (alors que c’est l époque où les récoltes sont les plus généreuses), il a été fixé que les consommateurs auraient l’obligation de prendre tous les paniers à l’exception de 2 absences par semestre. Cela peut paraître très rigide mais dans les faits cela se passe très bien : chaque consommateurs, durant ses vacances est invité à donner/échanger/vendre son panier à un voisin/ami/parent/collègue/autre amapien. Et s’il ne trouve personne pour prendre ses paniers pendant son absence, le tuteur légume fait cette recherche pour lui. Recherche facile puisqu’il dispose d’une liste conséquente de personnes en liste d’attente et ravies de bénéficier de paniers de légumes même temporairement

Pour Adeline, il faut faire des paniers de légumes à 7 € à partir de janvier. Car la production est plus faible.
(réaction de Merle : cela est possible quand on fournit un nombre pas trop important de paniers. À l’A. du Gâtinais, les paniers (110 par semaine) passent de 10 à 8 € de janvier à mars… mais cela ne suffit pas à gérer la période creuse).

À l’amap des bouchures, 4 semaines d’absences de paniers sont autorisées : 2 semaines pour le producteur, 2 semaines pour le consommateurs. Les 2 semaines du maraîcher sont en général pendant la période creuse, en février. Stéphane essaye d’anticiper cette période . Par exemple les courges, qui se conservent parfaitement à l’intérieur des maisons mais difficilement dans des lieux de stockage d’une ferme, sont distribuées en totalité aux adhérents dès l’automne. Il n’aime pas les paniers restreints car cela ne fait pas partie de l’esprit de l’Amap. Pour lui, l’idéal serait que les producteurs soient assez proches pour s’entraider. Voire que les paniers de l’amap soient complétés avec des producteurs extérieurs (en fournissant bien l’info aux consommateurs).

(Jacques rappelle que « dans l’esprit des amaps », l’engagement du consommateur est d’acheter à l’avance UNE ANNÉE de production : il vit donc avec le maraîcher, le manque de légumes de l’hiver… mais aussi tous les surplus de l’été.)

Pour Bio en Brenne : les paniers sont complétés grâce à Val bio centre (mais il n’y a pas forcément d’information sur les provenances des légumes). Durant la période des vacances d’été, diminution de 50% de paniers distribués

Pour l’Amap des Bouchures, il y a un arrêt de la distribution des paniers du 15 janvier au 1er avril pour la période creuse (2 producteurs bio sont présents sur le marché qui peuvent fournir les consommateurs). Il n’y a pas de vacances l’été. Sont autorisées 2 absences par saison pour chaque consommateur.

Pour l’Amap d’Orléans.
À Chanteau : il y a un arrêt pendant la période creuse d’environ 1,5 mois, à une période aléatoire selon les années.
Suite à l’observation d’une baisse importante des contrats de légumes en juillet-août, seules 2 absences autorisées. Pendant l’été toutefois il est possible de « décaler » la prise de ses paniers.
Cette décision a entrainé un débat très houleux au sein de l’amap. Certains ont fait remarquée que l’on demandait beaucoup de souplesse de la part du consommateur mais qu’en retour, on ne lui en accordait que très peu.

Pour Terre de Loire
Peu de recul puisque n’a débuté qu’en septembre. Le prix du panier reste fixe. Pendant les vacances pas d’absence autorisée : aux consommateurs de chercher une solution de remplacement. Les petits fruits servent parfois à garnir les paniers de légumes.

Pour Echoterre
, quand il y a une baisse d’activité le producteur prend 4 semaines ainsi que le consomm’acteurs. Pas plus de 2 semaines pendant l’été.

Pour l’Amap Loire et Canal,
Le problème vient d’un laxisme existant dès le dépard. Les autres producteurs que les maraîchers ont abandonné le système de contrat progressivement. Dès lors il devenait impossible d’imposer quoi que ce soit aux consommateurs. A noter que les absences des amappiens durant l’été est compensée par les achats de vacanciers.
.
Discussion et propositions diverses

Pour compenser le problème de la période creuse, il faudrait faire des stages de confection de conserves, car le producteur à un rôle pédagogique. C’est plus familial et cela rapproche les gens. D’ailleurs il peut être prévu, dans le contrat, des cases « conserves » pour des consommateurs qui souhaitent acheter des caisses de 5 ou 10 kg de tomates, poivrons, etc.

Bio en Brenne propose ainsi des « ventes flash », en extra, où les consommateurs intéressés viennent donner un coup de main au maraîcher.

Le producteur peut aussi faire des semis ou des plantations différés pour avoir un étalement des récoltes.

La fixation des prix

Il faut fixer le prix le plus juste entre producteurs et consomm’acteurs. Et donc certainement en fonction du coût de revient de chaque légume et non par les mercuriales. La plupart de maraîchers tendent vers ce calcul mais cela est difficile car les situations (notamment les charges de structure fixe, les investissement en matéreil….) et les habitudes commerciales varient selon chaque consommateur.
À noter que l’AFOG 45 (une association de formation à la gestion agricole) a proposé un stage aux maraîchers sur la « méthodologie commune de comparaison rationnelle des coûts de production Joël signale que les maraîchers présents ont eu de grosses surprises : certains légumes qui leur semblaient vraiment rentables s’avèrent ne pas l’être du tout et vice versa.

À Echoterre, il y a une démarche volontairement peu analytique de cette fixation de prix pour ne pas diminuer la diversité du contenu des paniers.

Pour Loire et Canal, il faut faire une analyse de gestion d’exploitation car cela est un argument d’explication des prix vis-à-vis des consommateurs.

4) Questions diverses du réseau

Thierry demande s’il est possible que le réseau puisse trouver un abattoir qui fasse aussi du conditionnement. Rapport au fait que pour le moment cela se fait sur Alençon. Nécessité de faire plus du local. Réflexions à approfondir en observant ce qui se fait chez les éleveurs de chaque amap de la région .

Adhésion du réseau inter Amap doit adhérer au CRESOl
Françoise rassemblera des infos pour que l’on puisse répondre à la question.

Projet de fédération nationale des réseaux d’Amap MIRAMAP (Mouvement Inter Régional des AMAP)
Une réunion a lieu à paris en début d’année 2009. Jean-Pierre propose que nous y assistions comme simple observateur. Il nous donne quelques documents à lire chez nous.

François e nous parle du réseau IMPACT

Réflexions aussi avec les Chambres d’Agricultures pour adhérer au bio (GAB)

La prochaine réunion aura lieu à Lailly en Val, samedi 7février 10H à 16H maximum.

Le matin sera consacré aux problématiques d’assurance et de travail bénévole
L’après-midi aux question du poids et de l’image du réseau par rapport aux politiques et partenaires locaux

Rédacteur de la séance : Thierry Maigre (Amap Terres de Loire)


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