Amapp du Gâtinais

Réponse à un article paru dans le LAR

samedi 13 février 2010 par Thierry Touzet

Le "Loiret agricole et rural" (LAR) est un journal de la presse agricole départementale destiné aux agriculteurs dans le Loiret. Il tire à 3 000 exemplaires.
Le 22 janvier 2010 un article de Jean-Jacques Hautefeuille, président de la commission environnement de la FDSEA du loiret nous a profondément choqué.
Nous demandons que le journal publie la réponse de consommateurs.

En pièces jointes, l’article et ci-dessous notre réponse en collaboration avec le Convivium Slow Food Loire et Loing

L’article de M. Hautefeuille, de la Commission Environnement de la FDSEA, paru dans le Loiret Agricole et Rural du 22 janvier 2010 a retenu toute l’attention d’un certain nombre de consommateurs que nous représentons, à la fois par son ton et son fondement, méprisant ainsi les orientations du Grenelle de l’Environnement. Nous nous étonnons du zèle de M. de Hautefeuille à soigner la bonne gestion de la chose publique. Est-ce désintéressé ou dû à un virage que nous pressentons (depuis le départ de Michel Barnier du Ministère de l’Agriculture il semble y avoir une mise sous pression du nouveau Ministre).

Vous dites que « des moyens financiers considérables sont mis en œuvre pour développer un système de production dont il est reconnu qu’il est bien moins productif que l’agriculture intensive » Vous suggérez qu’il faudrait tout laisser en l’état et ne plus développer l’agriculture biologique, car cela coûte trop cher. Qu’en est-il des 134 millions d’euros débloqués pour lutter contre les algues vertes en Bretagne ?

Nous affirmons que ces moyens financiers sont un investissement rentable à long terme pour la nation. Si nous plaçons la démonstration uniquement sur le terrain de comparaisons mathématiques, ayez l’honnêteté d’observer que ces moyens, sont particulièrement faibles au regard des aides dont bénéficient l’agriculture conventionnelle. Vous passez sous silence également les coûts de réparation des dégâts collatéraux. Vous oubliez aussi que la France est importatrice nette d’alimentation bio : c’est un comble pour la première agriculture européenne et qui de surcroit se veut mère nourricière de la planète.Nous savons que vous n’êtes pas les seuls responsables de la situation actuelle, et qu’on ne change pas un système très lourd du jour au lendemain, mais un jour la société demandera des comptes. (voir le film : nos enfants nous accuseront)

Sans entrer dans trop de détails comment les collectivités vont-t-elles régler la question de la molécule de dégradation du Round up (AMPA) dans l’eau potable ? Quel va être le coût des nouvelles installations que nous allons devoir faire dans les stations de potabilisation ? Pourquoi dans le Loiret un nombre conséquent de captages d’eau potable a dû être fermé ? Savez-vous quela ville de Munich a décidé de subventionner tous les agriculteurs de son bassin d’approvisionnement en eau pour qu’ils se convertissent au bio ?

Conscients et attentifs aux difficultés actuelles du monde agricole, nous souhaitons le soutenir. Nous savons bien que tous les jours il se pose des questions sur son avenir et qu’ il doit trouver des solutions qui garantissent l’avenir économique des exploitations. Il en va du maintien du tissu socio-économique de nos communes.

Enracinés dans nos convictions, nous défendons une alimentation « Bonne, Propre et Juste », si possible biologique et nous nous battrons pour qu’elle soit accessible à tous, et pas seulement à des « Bobos » comme certaines caricatures le montrent.

Ce n’est pas « la frange la plus aisée de la population « qui vous interpelle. Vous êtes en face d’un mouvement de fond de la société et dans l’intérêt de l’agriculture vous allez devoir changer vos pratiques. Vous pouvez compter sur nous pour interroger les pouvoirs publics sur les moyens qu’ils mettent dans la formation et dans la recherche pour vous y aider. Il faudra faire naître un pacte de confiance entre le monde agricole et les consommateurs que nous représentons , et non pas se renfermer dans un corporatisme dépassé se coupant des citoyens que nous sommes, nous les « consommacteurs ».

« Manger est un acte agricole »

Les consommateurs de l’AMAPP du Gâtinais
Convivium Slow Food Loire et Loing



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